Le Sabre

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Les types d'aciers et de lames (généralités)

Le katana est sans contexte l'arme qui aura engendré le plus de techniques de forges différentes. Le but était d'avoir une lame à la fois dure pour pouvoir l'affûter efficacement (car affûter une lame trop souple implique que le tranchant s'abimera trop rapidement) mais c'est cette souplesse pourtant qui permet à la lame d'être solide et de ne pas se briser au moindre choc. Tout un paradoxe donc, mais qui comme vous le verrez a été parfaitement maîtrisé par les Japonais. Voici donc une présentation des différents types de lames. Cet article se veut être une initiation sur les différents types de lames que l'on trouve aujourd'hui pour la forge des katanas modernes et semi-industriels. Il n'est donc pas axé sur l'étude à proprement parler du Nihontō comme les autres articles. Il est plus prévu pour ceux qui ne s'y connaissent pas beaucoup, et qui éventuellement pratiquent un sport lié au sabre et veulent s'informer pour mieux choisir leur katana dans le contexte actuel (indications de prix etc...). Pour une question de simplicité, les lames ont donc été classées dans un ordre croissant de qualité/rareté.


Les Maru

En premier lieu on parle souvent de Maru, ou katana en acier carboné (abus de langage puisque l'acier est par définition du fer contenant du carbone). Ces katanas étaient très utilisés lors de la seconde guerre mondiale (guntō). Le but est de contrôler le taux de carbone, qui donne sa dureté à la lame, pour avoir un acier à la fois dur et souple. On parle alors de Maru 1045, contenant 0,45% de carbone, de Maru 1060, et de 1095. Le 1095 constitue alors le plus haut de gamme dans ce style de lames, puisque bien qu'étant moins souple qu'un 1045 ou un 1060, il absorbe tout de même très bien les coups, et permet un affûtage grandement supérieur le rendant très incisif. Il existe beaucoup d'autres nuances, (1050, 1055, 1075...) pour les différencier on les classe alors comme suit : acier Shigane ou tendre (1040 à 1050 en moyenne), Kawagane ou dur (1055 à 1075), et enfin Hagane ou très dur (1080 à 1095, soit contenant de 0,80% à 0,95% de carbone). Souvent on oublie de mentionner que ces taux caractéristiques ne servent pas uniquement à indiquer le taux de carbone, mais aussi celui des autres adjuvants de l'acier, avec en particulier le chrome (qui évite à la lame de rouiller) et le molybdène (qui évite la casse de la lame). Ainsi un 1095 est peut être par définition moins souple qu'un 1045, mais il contient néanmoins plus de molybdène pour compenser, ce qui explique sa place de favoris dans les Maru. A savoir que bien que n'étant absolument pas traditionnel, il existe dans les marus des lames en inoxydable. En effet un katana est classé dans cette catégorie dès que le taux de chrome de la lame atteint 13%.


Un peu d'histoire : les Maru en acier industriels étaient surtout produit pendant la deuxième guerre mondiale. En effet, les sabres Japonais étaient initialement fait en Tamahagane (voir plus bas) mais l'acier classique coûtant moins cher, et le Japon devant relever le défi impossible (et d'ailleurs non atteint) de produire 2.000.000 de sabres, le Tamahagane trop rare et trop cher était passé à la trappe. La composition Maru (une seule nuance d'acier) est évidemment le plus ancien type de lame, et les premiers Nihontō étaient pour ainsi dire tous des Maru en tamahagane.


Les lames de damas

Le katana en acier damassé consiste à mélanger de l'acier dur (Hagane) à de l'acier tendre (Shigane) pour avoir une lame dure mais plus souple qu'un 1095 classique. La forge d'un katana implique que l'on plie et frappe l'acier autant de fois que nécessaire pour diffuser le taux de carbone et des autres éléments pour rendre la lame plus homogène. Ceci permet en effet d'éviter les faiblesses qui augmentent les risques de casse. Le damas lui est constitué de couches d'acier qui se distinguent pourtant clairement, mais l'acier est tout de même frappé dans ce but. Cependant comparé à un Maru, le carbone est moins diffusé, mais cela constitue étonnamment la force de l'acier damassé, qui bien réalisé est d'une excellente efficacité et s'ébrèche moins facilement. Certains préfèrerons un 1095 en terme de dureté pour la pratique sportive, mais ce qui fait le succès du damas, c'est sont aspect nervuré bien particulier.


De plus, nous remarquons avec le temps que le tranchant d'un sabre damassé semble particulièrement incisif, de par sa structure même (grains durs dans un ensemble tendre), ce qui les rend particulièrement efficace pour les coups de taille bien « sciés », ce que savent justement parfaitement exploiter les arts martiaux japonais. (voir par exemple études de B. ZSCHOKKE sur le tranchant du damas).

Il faut savoir qu'aujourd'hui, les lames damassée sont en général faites à la machine. En effet, le travail pour faire une telle lame est immense, et pour avoir un prix plus abordable c'est un mal nécessaire. Si vous êtes exigeant n'hésitez cependant pas à contacter les revendeurs : parfois ils peuvent faire faire des lames damassées à la main (bien que ce soit relativement rare, et beaucoup plus cher).

Il faut aussi se méfier car il existe de faux aciers damassés, un simple laminage industriel permettant d'obtenir l'aspect qui en est caractéristique.  On parle aussi de traitement à l'acide, permettant de faire ressortir les motifs sans en faire pâtir la qualité technique de la lame, mais la rendant peut être un peu plus artificielle ou du moins encore un peu plus industrielle.

Historiquement l'acier damassé, aussi appelé wootz, ne vient pas de la ville de Damas en Syrie. Il n'est pas pour autant japonais, mais est tout de même traditionnel puisqu'il est arrivé très tôt au Japon, et qu'il était déjà utilisé pour forger les premiers sabres courbés. Le Japon exploita parfaitement cette composition, et aujourd'hui encore on peut affirmer que certains sabres japonais font partit des plus belles lames en acier damassé. Il faut savoir que contrairement au Japon, l'acier damassé a alterné périodes de succès et d'oubli tout au long de l'histoire des lames européennes.


Les lames composites

Les lames composites sont de loin la meilleure preuve du talent incontestable des forgerons japonais. Elles sont apparues pendant l'ère Muromachi (1392-1573) avec les Makuri et les Kobuse. Le principe : un acier dur en surface, pour un tranchant plus affûté, et un cœur tendre pour une absorption des coups optimale. L'élasticité de ces lames est excellente. Voyez plutôt l'élaboration impressionnante de ces différentes composition :

 acier très dur (Hagane),  acier dur (Kawagane), acier tendre (Shigane)

Le hamon, ou traitement thermique

Le traitement thermique est une technique de forge qui permet de rendre le tranchant extrêmement dur. Pour effectuer ce traitement, le forgeron étale un mélange d'argile réfractaire sur la lame du katana. Une faible épaisseur sur le tranchant, puis à mesure que l'on s'éloigne de celui-ci on augmente l'épaisseur pour atteindre jusqu'à 3cm. Ainsi, l'argile protégera la lame et le traitement n'aura lieu que sur le tranchant. Ensuite, on chauffe la lame à 800° et on la refroidit brusquement dans l'eau ou l'huile. Ceci a alors pour conséquence physique de créer du martensite, sursaturé en carbone, et donc d'une dureté inégalable.

Cette ligne de trempe étant visible, elle a aussi un aspect esthétique particulier, et on trouve donc malheureusement de faux hamon. Voici quelques techniques pour les différencier, et ne pas se voir facturer un hamon décoratif :

Ici nous avons un faux un hamon à la meuleuse. Il est très grossier et facilement remarquable, puisqu'il est formé de traits perpendiculaires au tranchant, alors qu'un véritable hamon suit le grain habituel du katana.

 

D'autres sont fait à l'acide, et sont différentiables car ils se voient nettement plus que les hamon classiques. Il existe cependant aujourd'hui des hamon véritables, et pourtant très visibles à la manière de ceux fait à l'acide. Ils restent néanmoins particulièrement minoritaires, car produits par de rares forges occidentales.


Il faut savoir que le hamon n'est pas directement visible, et qu'il est pleinement révélé lors du polissage. Ce polissage est long et difficile à réaliser, c'est pourquoi il arrive souvent que les hamons soient révélés par des procédés semi industriels, à l'acide (tout en étant de vrais hamon). C'est relativement dommage puisque la ligne de trempe s'en retrouve moins esthétique et moins authentique, n'ayant pas l'aspect d'un hamon véritable à l'argile, alors que les lames en sont pourtant dotées. Pour un habitué la différence est clairement visible, puisqu'un hamon révélé au polissage a un aspect nuageux (marques blanches nommées Hataraki). Voyez plutôt la différence :

 


Les katanas en acier Tamahagane

L'acier Tamahagane est l'acier traditionnel à partir duquel les lames anciennes étaient forgées. Cet acier est produit dans un bas-fourneau, à partir de sable ferrugineux hautement concentré en molybdène (qui évite la casse), et très peu en phosphore (qui au contraire augmente les probabilités de casse). Ainsi, la lame est très résistante, et on peut monter à des taux de carbone d'1,5%, ce qui a pour conséquence de permettre un affûtage nettement supérieur (à partir d'1,7% on passe à la fonte). Aujourd'hui il y a une très grande confusion sur le Tamahagane, nous allons essayer de vous éclairer sur ce sujet :

D'un point de vue historique, le Tamahagane est l'acier japonais. D'un point de vue technique cependant, le principe de cet acier a été reprit pour être produit un peu partout ailleurs dans le monde, et on parle alors tout de même de Tamahagane par extension. En vérité il existe donc trois grands types de Tamahagane 

Le premier, est le Tamahagane produit hors Japon. Ce type de katana coûte moins cher en général. Le second, est un Tamahagane produit au Japon. Ceci ne signifie pas forcément une qualité d'acier supérieure (bien que ce soit en général le cas), mais c'est au moins à coup sûr du Tamahagane de qualité, car les lois Japonaises son très strictes lorsqu'il s'agit de la forge de katana. Ces sabres coûtent souvent bien plus de 5000 euros, ce sont des shinken que l'on peut parfois se procurer sur demande auprès des revendeurs (uniquement chez les spécialistes). Viennent ensuite les sabres fait à partir du Tamahagane le plus traditionnel et authentique qui soit, celui provenant du fourneau tatara réhabilité par la NBTHK (organisme de protection des Nihontō ou sabres japonais). Il n'est pas rare de voir ces katanas se vendre à 20000 euros, car ils sont très rares (une vingtaine produits par an) et surtout sont crées par de grands maîtres forgeron Japonais, qui sont aujourd'hui peu nombreux, ce qui donc est un gage de qualité outre l'acier en lui même.